J’ai pris la défense de l’Amour
Il y a deux ans de cela, alors que je venais de me séparer de ma petite amie de coeur de l’époque, je clavardais avec une internaute. Il était passé minuit. Elle me disait qu’elle était divorcée du père de ses deux enfants, après 9 ans de mariage. «Boff, quoi de plus banal, je m’étais dit. Il y a tellement de cas semblables en Amérique où le taux de divorce ne cesse de grimper en flèche». Mais je fus intrigué lorsqu’elle m’a dit qu’elle ne voulait plus vivre en couple avec aucun homme, pour protéger sa liberté…
Après quelques minutes de blablabla sans grande importance. En fait, cela servait à s’accorder, à rythmer, à aligner les pensées et les idées afin que la conversation coule comme l’eau dans une rivière.
- Moi > C’est difficile de rester marié de nos jours.
- Elle > Tu as bien raison là-dessus
- Moi > L’homme et la femme ne savent plus leurs rôles respectifs dans le couple. Ils tentent tous les deux de jouer les mêmes rôles. C’est le quasi cahos.
- Elle > Mais la plupart du temps c’est l’homme qui gâche tout.
- Moi > C’est vite dit, ça.
- Elle > C’est la vérité.
- Moi > Était-ce un cas d’adultère?
- Elle > Non. Pourquoi?
- Moi > Sauf dans les cas d’adultère, c’est presque toujours la femme qui cause des problèmes.
- Elle > Mais les hommes font un plat pour rien, rien de rien.
- Moi > Que veux-tu dire?
- Elle > Lorsque la femme n’obeit pas à ce que l’homme veut, c’est de toute façon compliqué la vie de couple.
- Elle > J’aime mieux ma liberté.
- Moi > Tu préfères la vie d’une mère monoparentale à la vie de couple?
- Elle > Oui, j’aime mieux ça. Comme ça, pas de conflit.
- Moi > Tu le rendais jaloux?
= sourire
- Elle > Non. Il était jaloux pour rien.
- Moi > Je comprends. Tu le rendais fou. lol = rire
- Elle > Il était naturellement fou.
= sourire
- Elle > Et puis, il voulait trop contrôler, il voulait tout diriger. Je n’avais même plus le droit de sortir ni même de parler à des amis, tellement qu’il était jaloux.
- Elle > De toute façon, je suis contente de l’avoir sacré là. La liberté est primaire pour moi.
- Moi > Tu changeras peut-être d’idée d’ici 20 ans.
- Elle > Je ne changerai jamais d’opinion là-dessus.
- Moi > C’est ce qu’on verra, lorsque ta beauté ne fera plus tourner les têtes.
- Elle > Tu sais, même à 70 ans, j’aurai ma beauté de viellesse.
- Moi > Je crois qu’un temps viendra où tes nombreux amis ne seront plus attirés par ta beauté. Tu seras alors toute seule dans ton coin, dans ton lit, dans ta chambre, et tu trouveras le temps long, très long.
- Elle > Il n’y a pas meilleure chose qui peut arriver dans la vie que de prendre sa liberté.
- Elle > La liberté ne se donne pas, on la prend. Alors moi je la prends.
- Moi > Je suis sûr qu’au fond de toi, tu aimes et aimeras toujours cet homme.
= sourire.
- Elle > Première nouvelle !!!
- Moi > Et puis, je sais que tu le vois à chaque fois que tu regardes dans les yeux des deux enfants qu’il t’a faits.
- Elle > Oui mais je ne ressens plus rien pour lui. Pas de l’affection. Je ne l’aime plus.
- Moi > Tu crois ça?
- Elle > C’est la vérité.
- Moi > Il se peut qu’en regardant toutes les blessures du passé, tu aies trop peur pour l’avouer, mais au fond, tu l’aimes. Surtout que c’était ton premier copain qui, pendant 14 ans (dont 9 années de vie commune), t’as appris tant de choses sur l’amour, les tendres caresses, les douces tendresses.
- Moi > Écoute, je ne veux pas dire que tu ne devais pas divorcer de lui, mais je voudrais seulement que tu prennes conscience de l’existence de l’amour, malgré tout, malgré les douleurs et souffrances, les blessures.
- Elle > Oui je l’ai déjà aimé. Mais je ne l’aime plus. Au contraire, il m’arrive de regretter d’avoir fait mes enfants avec cet homme.
- Moi >
Tu sais, je crois que l’étincelle de l’amour, son feu vivra toujours. Pourvu qu’il s’agisse bien de l’amour, du vrai amour, et non pas l’amour utilitaire ou matérialiste. De nos jours, la plupart des gens s’aiment par intérêts. Intérêts pécuniaires seulement. Mais est-ce de l’amour? Si c’était de l’amour, les gens riches et célèbres ne connaîtraient jamais le divorce.
- Moi > L’amour franc et réel est celui qui consiste à vivre simplement avec l’autre, à découvrir la vie, à découvrir sa vie et la vie de l’autre, ensemble, en apprenant le plus possible de cette grande école qu’est la vie.
- Moi > Une bonne amie à moi n’utilisait jamais l’expression «Je tombe en amour avec…», elle préférait dire «Je grandis en amour avec». L’amour est donc quelque chose qui, une fois germé, grandit, à l’instar d’un grain planté en terre fertile, qui devient un arbre géant.
- Elle > Amen. Es-tu un pasteur?
- Moi > Non. Je ne suis qu’un simple analyste-informaticien. Mais je travaille pour l’amour.
- Moi > Et l’amour m’a chargé de te dire que tu es chanceuse.
- Elle >Chanceuse? Moi? Pourquoi?
- Moi > Tu es chanceuse d’avoir connu l’amour, d’avoir été aimée et d’avoir aimé, d’avoir expérimenté l’amour même si cela t’a laissé pas mal de blessures. Car l’amour est la seule chose qui vaille peine dans ce bas monde.
- Elle > Sérieusement, qui es-tu?
- Moi > Je ne suis qu’un amoureux de l’amour.
- Elle > Est-ce que je peux t’appeler?
- Moi > Il est bien trop tard, t’as pas vu l’heure?
= sourire.
Et nous avions ainsi échangé toute la nuit. Au téléphone. Le lendemain aussi. Et le surlendemain, et…
© Renaud Olistin
cé magnifique!!!