Il était une fois une princesse
Je me suis un jour abreuvé de l’amour d’une femme ; une douce et mystérieuse haïtienne, bien calibrée, ayant les rondeurs aux bons endroits, et la démarche cadencée au rythme de l’amour.
Son sourire radieux charmait tous ceux qui osaient admirer son visage angélique, ne laissant sur son passage que des yeux éblouis, des cœurs en palpitation et des âmes troublées…
Les femmes dont les maris se hasardaient à croiser son regard envoûtant devenaient folles de jalousie. Une jalousie jaune, mêlée à la peur de ne pas faire le poids devant cette princesse aux yeux mandarins.
D’un noir légèrement foncé, sa peau exprimait la négritude, une fière négritude ; elle était nègressement fine et tendre, sans aucune trace du temps, malgré la trentaine avancée.
Parmi les hommes mariés, les célibataires et ceux qui ne savaient pas leur statut, elle s’en était fait des serviteurs. Pour une petite soirée avec elle, ils étaient prêts à tout. Ils voulaient payer tous les prix, faire l’impossible. Mais elle refusait à tout coup. Elle savait comment les faire patienter encore un peu, s’ils étaient à bout et au bord de tout laisser tomber ; s’ils essayaient de s’en fuir, elle savait les attirer et nouer les liens davantage.
Elle prenait un malin plaisir à tester l’étendue de ses pouvoirs sur ses victimes en leur faisant faire un peu n’importe quoi. Ils allaient et venaient, au gré de celle qu’ils admiraient. Ils dépensaient aussi, bien sûr. Ils achetaient eux-mêmes les meubles, les cadeaux, les souliers, qui allaient de paire avec les robes et les sacs à main, le kit complet pour aller au bal, à chaque bal, à chaque fois que l’occasion s’y prêtait, car elle aimait danser.
Elle aimait moins les fleurs qu’elle acceptait par gentillesse, et les boites pleines de chocolat suisse qu’elle donnait à sa bonne amie sans même se donner la peine de les ouvrir. Le chocolat faisait, disait-elle, violence à son doux visage de bébé.
Sans compter son irrésistible charme, elle était d’une rare intelligence. Il en fallait pour assujettir tous ces hommes.
Et puis, un jour. Un beau jour. Elle et moi, face à face. Ses yeux dans mes yeux et mon sourire répondant au sien…
© Renaud Olistin
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[...] May 31st, 2007 Il était une fois une princesse [...]
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