Je t’aimais sans pouvoir te le dire

coeur_003.gifJe t’aimais sans pouvoir te le dire.
Je m’en souviens comme si c’était hier. Des souvenirs à la fois agréables et douloureux.
J’osais à peine te regarder dans les yeux,
je n’avais pas le courage d’observer tes beaux yeux grands, très grands.
Ils étaient si grands que j’avais l’impression de plonger dans un océan de pur bonheur à chaque fois que je m’efforçais de te fixer les yeux pour mieux t’expliquer les mathématiques.
Les maths étaient mon fort, et toi ma faiblesse.
Je ne voulais pas que tu t’en rendes compte, et peut-être l’avais-tu remarqué de tout façon, en ta présence, j’oubliais toutes mes formules mathématiques.
L’effet que tu as sur mon être était quelque peu effrayant.
Et pour tenir bon, je ne cessais de répéter à moi-même, au-dedans de mon être « Je ne suis pas encore prêt »… Je ne me sentais pas prêt de te demander ton coeur, de te demander en mariage, même si c’était ce que voulait mon pauvre petit coeur à l’époque.
Aujourd’hui, je considère que ce qui est fait est fait, et depuis quelques temps, depuis bien longtemps en fait, je t’ai laissée partir, je t’ai libérée de mon coeur, te laissant libre de ces lourds sentiments que j’avais nourris malgré moi.
Malgré mon jeune âge d’antan.
Aujourd’hui je te fais ces lignes pour te dire que je t’aimais sans pouvoir te le dire et si ma langue n’a pas osé, ce n’était pas à cause que mon coeur n’avait pas essayé de lui forcer la parole.
Mais à l’époque, la timidité m’avait désarmé, et j’étais sans ressource.
Qui plus est, j’avais un peu peur de ce gros gaillard qui te tournoyait autour.
Il se faisait persistant même lorsque tu lui déclarait clairement ton refus de recevoir ce qu’il disait ressentir pour toi. Il en avait au moins dix ans de plus que moi et je ne faisais sûrement pas le poids.
C’est ce que je pensais.
On était des amis.
Oh… Des amis.
Seulement des amis.
C’était bien insuffisant pour mon coeur qui bouillait de rage à chaque fois que le gros-bras jouait au machos avec toi, en ne te respectant pas, en te tirant par la main, et en t’obligeant à faire ce que tu ne voulais visiblement pas faire.
On était juste des amis, et en plus j’étais un ami tout petit, tout effrayé et timide par-dessus tout. Jamais je n’avais pensé pouvoir faire quelque chose qui aurait pu changer les événements.
Mon cas était désespéré.
Je devais tout simplement oublier, t’oublier et ignorer la voix intérieure, suppliante, qui ne demandait qu’à voir une fois de plus ton magnifique sourire.

Doux et gracieux, on dirait qu’un ange souriait.
Mais les choses ont radicalement changé lorsque quelques années plus tard, lorsque dix ans plus tard, toi et moi nous sommes rencontrés dans un parc.
Et là, j’ai senti cette lourdeur, profonde, qui tente de remonter à la surface…
À suivre.
coeur_003.gif© 2009, Renaud Olistin

Que préférenz-vous : «Tomber en amour» ou «grandir en amour» ? (voir explications)

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